L'ancien château et son orangerie

LE CHATEAU :

Du Moyen Age au XVIIème siècle :

Sous Charles le Téméraire, les seigneurs de Parthenay s’étant emparés de la seigneurie d’Yrouerre, un incendie a détruit le château-fort (« maison forte » acte d’affranchissement daté de 1451) et a été reconstruit au XVème siècle.

 La présentation du château reconstruit nous est donnée par Israël Sylvestre, graveur contemporain de J. Callot, qui publia entre 1648 et 1658 un certain nombre de gravures représentant les vues de plusieurs châteaux et autres édifices du tonnerrois.

Le château, d’une longueur de 50 mètres, avait deux étages et présentait 121 ouvertures.

LE CHATEAU DU XVIIIème SIECLE :

A la fin du XVIIIème siècle, l’abbé Courtépée rapporte dans sa description historique et topographique du duché de Bourgogne que « le beau château fut bâti par Henri de Dio, palatin de Montpeiroux vers 1730 et terminé en 1767 » à l’emplacement de l’ancien manoir fortifié.

 Une campagne d’embellissement fut menée entre 1779 et 1780 par Thomas Urbain de Maussion.

 Le château est ensuite morcelé et vendu en plusieurs lots.

En 1965, le conseil municipal demande à Monsieur le Sous-Préfet de mettre fin à la mission, accordée à l’architecte devant constater le danger que représente le délabrement du château, n’ayant reçu aucun rapport après un an. Ceci afin que la commune puisse avoir la possibilité de demander les services d’un autre architecte plus expéditif et qu’elle puisse se décharger des risques très graves pouvant résulter du mauvais état de la ruine.

 En 1967 : le tribunal administratif décide de mettre en demeure la propriétaire de faire cesser le péril de la partie du château en ruine.

Le conseil municipal autorise le maire à commander les travaux de démolition.

 1991 : acquisition de la place du château par la commune.

Le château vu depuis le clocher de l’église :Château vu du clocherL’ORANGERIE :

 PLan château orangerie

Son origine :

 Façade orangerie ciel bleuLa construction de l’orangerie fut décidée au même moment que celle du château, au milieu du XVIIIème siècle. Elle formait un élément de la composition générale qui comprenait, outre le corps principal du château lui-même, les communs dont on trouve encore aujourd’hui des traces dans les habitations de cette partie du village sous forme d’arcades. Située derrière le château, elle fermait la composition de l’ensemble architectural du côté du village qui se développait autour de la rue haute.

Comme son nom l’indique, l’orangerie était destinée à abriter pendant l’hiver des orangers, décoration de luxe pour les gens aisés qu’étaient les nobles, ainsi que divers arbres fruitiers et arbustes qui, pendant l’été, étaient répartis dans les jardins.

 Son architecture :

 L’édifice se présente comme un parallélépipède rectangle dont la longueur s’étend sur quelques 39 mètres sur 8 mètres de profondeur et de hauteur. Les trois faces nord, est et ouest sont aveugles, tandis que la face sud est largement ouverte. De l’extérieur, la façade est constituée de 11 arcades égales composées de claveaux (pierres taillées à joints rayonnants) avec dans l’axe de chacune d’elles des clefs sculptées. Sur l’arcade centrale, est représentée une corbeille de roses, et de part et d’autre un décor de rocaille fait de volutes.

Entre ces arcades, des pilastres de l’ordre ionique français rythment la composition. Le garde-corps plein au-dessus de la corniche est destiné à dissimuler la toiture et à donner l’impression de l’existence d’une terrasse. Sur celui-ci sont posés, sur le rythme des pilastres, des pots-à-feu représentant des flammes jaillissant de vases (sans doute une réminiscence des vases à encens ou à feu sacré de la religion antique).

Les 3 axes centraux sont surmontés d’un fronton rappelant la façade principale du temple grec ou romain. Les lignes obliques du fronton sont l’expression de la pente de la toiture du temple d’origine.

Il était d’usage, depuis la plus haute antiquité, d’orner le tympan des frontons de sculptures en bas-relief ou même en haut-relief (comme au Parthénon d’Athènes). Pour l’orangerie d’Yrouerre, on a pensé également à sculpter le tympan, car celui-ci possède des pierres en attente taillées en parement qui font saillie sur le fond et qui montrent qu’on avait désiré y exécuter sur le tas une sculpture en bas-relief. L’argent manqua sans doute pour la voir aboutir…

Dans l’axe du fronton et le couronnant, un acrotère, sorte de piédestal, portant une pierre d’assez grande taille sculptée en forme de fruit, probablement une poire, symbolisant les vergers voisins et les arbres fruitiers qu’abritait l’orangerie.

Des communs du château à la mairie :

10 septembre 1852 : l’acte de vente de l’orangerie passe par Maître Coffre, notaire à  Viviers, entre Nicolas Vallier, ancien propriétaire et la commune d’Yrouerre pour la somme de 1 000 Fs plus l’échange de l’ancienne école d’une valeur de 2 000 F. L’orangerie est transformée en école municipale.

1870 : surélévation d’un étage pour le logement de l’instituteur.Orangerie école

16 novembre 1966 : le conseil municipal donne son accord pour l’inscription de l’orangerie au répertoire des monuments historiques.

20 octobre 1971 : réception d’un arrêté de reconnaissance de l’orangerie par les Beaux-Arts.

27 juin 1986 : le maire, Maurice PIANON, projetant la création d’un foyer communal, demande qu’une évaluation chiffrée de la partie privée de l’orangerie soit réalisée par les services fiscaux en vue d’une éventuelle acquisition.

L’association de l’orangerie est créée.

31 octobre 1991 : le maire, Maurice PIANON, engage la procédure d’acquisition de la partie privée de l’orangerie. Le conseil municipal demande que soit engagée la procédure de classement de l’orangerie jusqu’alors inscrite au répertoire des monuments historiques.

15 janvier 1993 : le Maire, Maurice PIANON, obtient de la fondation culturelle d’EDF, en compensation du passage de la ligne 63 KV Moutot-Les Prêles-Tonnerre, une subvention de 2 millions de francs pour la restauration du bâtiment.

28 janvier 1993 : le mur de séparation de l’ancien propriétaire est démonté par l’employé communal.